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Annabella Hawk

crédits photo : Psylli / edit : Julie Politi

Annabella Hawk s’est construite dans la fluidité. Fluidité des rencontres, des échanges, des matières et des inspirations. Loin des carcans de genres, elle suit son intuition et s’imprègne de tout ce qui accroche son œil et son oreille.

Annabella Hawk, c’est aussi et avant tout une voix puissante et ronde qu’elle utilise avec une grande liberté sur des productions aux influences plurielles. Soul à l’ancienne, gospel, rap, évidemment, mais aussi musiques électroniques et un goût pour « les femmes aux voix chelou » donnent à sa Nu-Soul des accents troublants. Libre et muée par ses envies et ses émotions, sa musique, plus organique que technique, reflète cette constante évolution.

Cette hybridité, Annabella Hawk la cultive aussi en dehors du champs musical. Attachée à la collaboration entre musique et arts visuels, elle parle des matières comme d’une mélodie : « tout se lie ». Ce mélange des médiums, elle l’assume à travers des ponts jetés avec ses études aux Beaux-Arts, et son premier clip FOREST FIRE reflète à merveille cette transversalité, cet amour des matériaux et du mouvement. Elle parle même de « minéralogie », qui l’intrigue « autant physiquement que de façon conceptuelle. ».

Les corps en mouvement, qui « se délient, bougent de façon minimale comme chez Sevdaliza ou plus chorégraphiée comme du coté de CHRIS ou Sia » viennent habiller son univers tout en relief. Co-réalisé par Arno Mikhaïl Momče, le clip de FOREST FIRE, single en featuring avec Kiper Sonus issu d’un maxi EP prévu pour début 2021, sublime les muscles, les mains, le touché, sans jamais tomber dans les écueils de la sexualisation. La preuve si il en est, que cette nouvelle génération d’artiste touche-à-tout et DIY sait faire du beau avec peu de moyen, et selon ses propres règles : une make-up artist pour le latex (Maud Kersalé), un soin particulier accordé à la lumière (Anatole Badiali), et surtout un appel aux esprits créatifs qui l’entourent.

Puisqu’au-delà des artistes du passé et du présent qui la nourrissent, Annabella Hawk s’inscrit dans une scène avant-gardiste et expérimentale. Venue d’une famille d’artistes, elle se lance en solo sur les conseils d’un mime-clown avant de rencontrer une communauté artistique qui l’aide à prendre ses marques : du freestyle dans les bars avec Fresh Caen Camps à la rencontre du beatmaker caennais Don Load qui l’aide sur la production de ses trois premiers singles, jusqu’à la collaboration plus poussée avec Kiper Sonus qui l’accompagne sur la réalisation de son futur EP. C’est sans surprise qu’elle a trouvé sa place au sein de We Do No Harm, une société de management et d’éditions qui prône la bienveillance et la créativité à travers ceci exactement : « nous ne faisons pas de mal ».

Et puis, le fait d’être femme : « Comme si parfois, on pouvait presque sentir le double effort, qu’il soit vocal, vestimentaire, sur la scénographie, de l’odre du personnage ou même psychologique. » Que ce soit à travers ses feats ou ses collaborations, Annabella Hawk s’impose naturellement par sa prestance et sa voix, en amenant sa touche personnelle et hybride aux productions. Il en va de même avec ses deux musiciens live, Arthur et Valentin, qui l’accompagnent au synthé-guitare et batterie / back vocals. À eux trois, ils instaurent un dialogue musical qui vient teinter les prestations scéniques d’Annabella Hawk pour leur donner une touche plus sensible.

Annabella Hawk incarne donc cette enfant de la culture internet et postmoderne, où la curiosité et le ressenti viennent renforcer une intuition aiguisée de ce qui est beau, en s’affranchissant des codes pré-établis.

Loren Synnaeve

On vous laisse admirer le travail sur la matière et son évolution, les corps, les mouvements et les lumières dans le clip de ‘Forest Fire’ :

Et en bonus, une captation live :

Plus de titres sur Spotify

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