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METAWAVE

crédits photo : METAWAVE

Alien indus-oriental, le duo franco-portugais METAWAVE est un parcours métaphysique et initiatique qui nous plonge dans un tourbillon vertical et caverneux d’ondes parallèles, à l’image du visuel de MEANS / END, premier LP sorti fin mai 2021 sur le label indé allemand Mörtel Sounds (version K7). Formé il y a deux ans – deux premiers singles (dont un en portugais) et un EP live au Musée Sauvage plus tard, c’est avec un premier album 8 titres qu’ils reviennent comme pour nous réveiller d’un sommeil cérébral post-apocalyptique. 

David Monteiro Afonso et Olivier Feuillet se connaissent bien. Ils ont déjà écumé les petits clubs parisiens moites ensemble (Supersonic, Espace B, La Pointe Lafayette, L’International…) avec le quator noise-psyché Post Modern Chaser où David sévissait en anglais exclusivement et Olivier maitrisait déjà les guitares saturées dans la réverb. On parle d’une époque où danser et suer dans des caves n’était pas un problème. Projet prometteur, enivrant, qui eut une fin mais qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui fut la genèse de cette rencontre. 

Les deux rescapés se sont depuis envolés vers des contrées plus lointaines, musicalement et physiquement, puisque c’est en Normandie qu’Olivier (en charge de la composition des guitares, drums et synthés de METAWAVE) a posé ses valises, tandis que David (auteur et interprète) a migré vers le Pays Basque. Le confinement aura eu raison de Paris et on les comprend. C’est d’ailleurs pendant cette période étrange que naît ce premier album produit et mixé par Guillaume Léglise (membre de Vox Low). 

Le premier titre de l’album ‘Ablaze’ est une introduction chuchotée sur une prod orientale et industrielle ornementée de FX psyché au beat trap surprenant, qui enchaîne logiquement sur ‘Cloudbuster’, single paru sous forme de clip envoûtant réalisé par Manon Hody, où la trap a laissé place à une boite à rythme noisy. Dans ce clip, à travers les prises de vues VHS, on trouve une image récurrente d’antennes analo qui rappellent le fameux « cloudbuster », appareil pseudo-scientifique conçu par Wilhelm Reich, psychanalyste autrichien, qui soutenait mordicus qu’il pouvait produire de la pluie. Tout un programme ! Pas si étonnant quand on sait que David est psychologue de formation, mais aussi aux manettes d’un label DIY noise et shoegaze, Nuisances Records.

La voix mystique maniant aussi bien le portugais (son autre langue maternelle) que l’anglais (dont l’accent plutôt frenchy est assumé) a des teintes d’Orient dans ses effets, ses vibratos et ses mélodies. Qu’on aime ou pas, cela ne laisse pas indifférent.e, c’est certain. 

Coups de cœur pour les titres ‘The Well’ et ‘In My Shell’ : une parfaite confluence de toutes les influences perceptibles chez METAWAVE où l’on retrouve à la fois des éléments du son psyché-oriental de leurs copains belges Phoenician Drive (avec qui ils avaient déjà partagé la scène à l’époque de Post-Modern Chaser), l’electro-oriental des français Acid Arab, la dark-electro industrielle du projet allemand Fïx8:Sëd8, et bien sûr les hymnes breakbeat des anglais The Chemical Brothers et The Prodigy.

Puis on découvre trois titres assez sombres et lancinants, chacun à leur manière, avant de clôturer sur ‘A Meands To An End’, coda de l’album qui sonne comme un retour au premier titre de l’opus construit comme une véritable BO d’un film très confidentiel et alternatif. On espère vite les voir transformer l’essai sur scène, dans les clubs et dans les caves.

Harmony Suard

Plus de titres sur Spotify et Bandcamp

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