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Oh Mu

crédits photo Oh Mu

« J’ai jamais été faite pour ce monde » scande Oh Mu dans son morceau « La nuit en matin ». Et malgré la tristesse de cette affirmation, on veut bien lae croire. Originaire de Martigny, petite ville suisse de 18 000 habitants, lae jeune Oh Mu quitte le foyer familial à ses 19 ans pour une école de bande-dessinée à Bruxelles. Formé.e au piano et au solfège en conservatoire depuis ses six ans, iel ne trouve malheureusement plus le temps de jouer. C’est alors qu’un jour, iel décide de brancher son clavier à son ordinateur. Cellui qui avait jusque-là une mauvaise image de la musique électronique découvre sous ses yeux un champ infini de possibilités. Sans aucun contact ou initiation au genre, lae jeune Estelle Marchi se lance entièrement seul.e.

Sur fond d’électro lourd et dansant, les textes poétiques en français de ses chansons dégagent une rage et une honnêteté sidérantes. Peut-être est-ce lié à son autisme, lui rendant difficile à distinguer second degré et sous-entendus. Mais le plus impressionnant est le côté expérimental de sa musique : toute l’instrumentale du titre « Sage » est par exemple basée sur… du yodel ! On comprend alors très vite pourquoi iel cite la chanteuse canadienne Grimes comme son influence première, pour son côté « weird ». Plus qu’un nom de scène, Oh Mu est ainsi un véritable alter-ego. Lae chanteur.se-producteur.rice s’est construite son propre univers incroyablement personnel qu’iel définit comme son « espace sécurisant » avec ses propres règles, afin d’exprimer ce qu’iel n’arriverait pas à dire dans la vraie vie.

Dans ses chansons, iel questionne aussi bien son identité de genre (iel s’identifie comme personne non-binaire), que sa sexualité et le rapport qu’iel entretient avec son corps. Une manière de parler aux jeunes comme iel, les jeunes hors de la norme sociale actuelle, les « Jeunes Oubliés » comme iel les décrit et met en scène dans ses clips auto-réalisés et filmés avec son téléphone portable. Mot d’ordre ? Tolérance et acceptation.

Simon Brazeilles

On oserait un clip qui a du chien ?

Pas de visages pour ‘Les Jeunes Oubliés’

Plus de titres ici : Spotify

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