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Order 89

crédits photo Layla Gras

Nous sommes début janvier, un samedi en début d’après-midi, je rejoins l’ordre des pirates, Order 89, dans un appartement parisien pour parler de leur prochain album, L’Été des Corbeaux, dont la sortie est prévue le 2 avril 2021. J’avais reçu une « Lettre de l’Ordre » qui m’invitait à écouter ce nouvel album « fruit d’une période incertaine », une véritable ode aux inclassables : « Pour ne jamais oublier les loosers magnifiques, les laissés pour compte, les marginaux, les solitaires par choix ou par défaut, les pirates, les opprimés, ceux qui cherchent mais ne trouvent pas ».

À mon arrivée, Flavien (le maître des synthés et machines du groupe) est allongé sur le canapé. Lendemain de soirée arrosée (pour eux), il m’avait envoyé un sms dans la matinée : « On va bien rigoler tout à l’heure je crois ! ». Nous sommes rapidement rejoint.e.s par Jordi (auteur-compositeur- interprète et bassiste) et Luce (le « petit bleu », comme l’appelle Flavien, le dernier guitariste arrivé en date).

De fait, je passe une bonne heure en compagnie de la bande (Elliot en moins, le second guitariste, perdu sur la route du lendemain de fête) et on se marre beaucoup ! On en douterait comme ça sous leurs airs sérieux, voire un peu dépressifs à l’image, car sur la scène et sur les disques, Order 89 c’est une grosse pincée de punk dans l’attitude et le son, et une bonne dose de noirceur dans les textes. Mais derrière les masques – littéralement – se cache une immense sensibilité et une grande générosité.

On avait déjà aimé le premier album, Bleu Acier, avec le très sexy titre éponyme et les très dansants ‘Barbara’ et ‘Edward’ aux univers noir-corbeau (et bleu-acier, du coup). Conversation avec 3 des membres d’Order 89, à l’occasion de la sortie du clip de ‘Gangster’ le 5 mars, premier extrait de l’album L’Été des Corbeaux chez Icy Cold Records. Des voix et textes rappelant les meilleures heures de Noir Désir qui aurait rencontré les beats des machines techno de Flavien et les basses entêtantes de Jordi.

Tout d’abord d’où vient ce nom Order 89 ? C’est une DLC ? 

Flavien : C’est notre date de naissance à Jordi et à moi, on est tous les deux nés en 1989. À la base Order 89, c’était lui et moi.

Jordi : On a cherché que des gens nés en 89 ensuite pour rejoindre le groupe mais on en a pas trouvé d’assez endurants en termes de sorties nocturnes (rires) !

Et « Order » ? 

Jordi : C’est un peu l’idée d’une communauté, de gens laissés pour compte, un peu marginaux, un peu différents. On aime bien l’idée qu’on puisse tous se retrouver sous une même bannière. On aime beaucoup la symbolique des pirates aussi.

On avait aimé et remarqué les titres ‘Barbara’ et ‘Edward’ sur le premier album, mais qui sont ces gens ? 

Jordi : « Barbara » c’est un personnage fictif. J’aime beaucoup ce prénom. Je trouve qu’on s’identifie facilement à une femme qui s’appelle Barbara. J’avais vraiment l’impression d’avoir vécu cette histoire quand j’ai écrit ce titre et en fait, non pas du tout. Je connais pas de loup-garou et je ne pousse pas de hurlement sous les reflets de la Lune ! (« Je me transforme et je hurle / Sous les reflets de la lune / Quand elle est belle / Quand elle est pleine »). Elle peut être plusieurs femmes, selon moi.

Edward c’est une référence au film Edward aux Mains d’Argent ?

Jordi : Oui, complètement. Il est dans mon Top 3. J’écris des chansons que sur les films que j’aime et j’en aime que trois : E.T., Edward aux Mains d’Argent et Peter Pan (rires). Je m’identifie depuis petit à ce personnage d’Edward.

Luce : Plutôt qu’à E.T. (rires)

Jordi : Aujourd’hui un peu plus à E.T. (rires)

C’est marrant, c’est un peu comme ça qu’on peut vous percevoir aujourd’hui : vous avez l’air plutôt sombres mais finalement très sensibles. Vous n’avez pas l’air d’être de gros méchants dans la vie de tous les jours !

Flavien : (rires) Ça dépend de l’heure !

Vous êtes pas mal dans l’autodérision finalement !

Flavien : Grave, on ne se prend pas au sérieux, on rigole sur tout !

Jordi : En même temps on n’a pas le choix, on ne peut pas se prendre au sérieux ! On a rien fait, personne ne nous connaît. On est assez réaliste. On fait de la musique parce qu’on est content de le faire ensemble et que c’est un exutoire pour nous. On se lève et on réfléchit aux conneries qu’on va pouvoir faire ! (rires)

Flavien : Ça fait dix ans qu’on se connaît. Un rien peut nous faire rire et ça peut durer des heures.

Luce : Parfois, on se regarde juste et on sait pourquoi on rigole. 

Jordi : Depuis notre premier album, on bosse avec Layla (Gras) notre D.A. et on avait créé un univers très sombre, en noir et blanc. Et on s’est enfermé dans cette case. Si tu ne regardes que les images ou que tu écoutes même le son, on n’est pas joyeux. De toutes façons, les chansons ne seront jamais joyeuses. Moi, ça ne m’inspire pas en tout cas. Et sur cet album-là, on a fait des photos hier et tu vois on essaie de pas s’habiller en noir. On est venu sans dress code, comme on s’habille tous les jours…

Luce : En noir ! (rires)

Jordi : J’avais mis des chaussettes de couleur ! (rires). On essaie de sortir de cette image. Toi tu t’en rends compte parce que tu prends le temps de parler avec nous, mais les gens qui ne nous connaissent pas doivent se dire qu’on va se pendre dans peu de temps ! (rires)

Il y a un contraste entre votre univers et les personnes en face de moi !

Luce : On veut pas avoir ce côté pédant. Il y a cette poésie comme tu le disais, souvent assez sombre. On essaie pas d’oublier la vérité : on est conscient de la vérité, mais on préfère tout tourner en dérision parce que c’est plus léger.

Pourtant, sur cet album, L’Été des Corbeaux, on visualise des lettres façon « corbeau » justement, quel message voulez-vous faire passer ? Quelque chose de menaçant ? 

Jordi : Non, pas menaçant, ce serait prétentieux ! Chaque chanson c’est un fragment du passé qui est là dans le présent et qu’on aimerait envoyer dans le futur. Et je trouvais cool l’idée que chaque chanson soit représentée par un corbeau qui fasse passer ce message.

Le nouveau visuel de Order 89, qui est celui de l’album, représente les croix que les pirates et prisonniers font sur les murs de leur cachot pour compter les jours. On a un sentiment d’enfermement, ça tombe plutôt bien avec la période qu’on vit. Alors, vous l’avez vécu comment ce premier lockdown ? 

Flavien : Le premier confinement, on pensait que ça allait durer que deux semaines, donc on s’est dit « allez à bientôt, on est en vacances ». C’est plutôt vers le deuxième confinement qu’on s’est dit : « ok les gars, faudrait qu’on réfléchisse à faire quelque chose ». 

Jordi : Le premier confinement il nous est un peu tombé dessus. On s’y attendait pas du tout et c’était inédit, donc on ne savait pas comment réagir en tant qu’être humain et en tant que groupe, on ne pouvait plus faire de concert. Il fallait à tout prix continuer d’exister en termes de visibilité. Donc on avait deux solutions : faire des livestreams – et c’était hors de question, notre musique ne peut pas se vivre et se ressentir à travers un écran, et des covers – on a essayé aussi et c’était pas nous non plus. Et donc, ce qui s’est imposé c’était de composer un album.

Vous en étiez où à ce moment-là avant ce premier confinement ?

Flavien : Nous on voulait y aller doucement, on était toujours sur le premier album qu’on défendait. On s’était dit qu’on allait sortir des morceaux tranquillement au fur et à mesure.

Jordi : L’album était sorti 4 mois avant le premier confinement. On a fait trois concerts.

Flavien : Cet album-là (ndlr : L’Été des Corbeaux) il n’était pas prévu. C’était un déni de grossesse. On a accouché, on a pas compris ! (rires)

Il y avait déjà des titres dans la boîte ? 

Jordi : Il y en avait deux ou trois qu’on n’avait pas voulu mettre sur le premier album parce qu’on sentait qu’ils étaient trop différents et qu’ils avaient pris une autre direction. Cet album, on l’a fait très vite. Il a été composé, enregistré et produit en 4 mois. 

Et à distance alors, ça s’organise comment d’enregistrer et produire un album ? 

Flavien : Agréablement surpris ! On a réussi !

Jordi : Pour moi, c’est plus simple de chanter quand je suis tout seul. Je peux prendre le temps de bosser un peu mes mélodies. Sur le premier album, c’était très binaire, très rythmique et moins mélodique parce que j’apprends toujours à chanter. Ca ne fait pas longtemps finalement, ça ne fait que 3 ans que je chante.

Flavien : Tu as une exclu là, il l’avoue ! (rires)

Jordi : Donc quand tu ne connais pas ta voix, tu n’as pas la technique. Je scandais plus. Là, comme j’étais tout seul dans ma chambre, il n’y avait personne pour m’écouter et j’ai pu expérimenter, tenter des trucs, j’étais vraiment libéré. Et je l’assume un peu plus, le fait que je chante. Personnellement, c’était plutôt positif. Après Flavien, il aimait déjà se mettre la tête dans son ordinateur avec son casque tout seul. Luce, c’est un peu plus délicat.

Luce : Moi, j’ai besoin de l’énergie, mais on a quand même réussi. 

Vous avez pu vous voir ?

Flavien : On a écouté l’album ensemble pour la première fois avant-hier (rires)

Jordi : On a juste fait deux concerts entre les deux confinements dont un sur la terrasse du Petit Bain, sans ampli, à faible volume. C’était le premier concert de Luce (ndlr : guitariste) qui nous a rejoint entre les deux confinements. C’est le petit nouveau ! On avait pas fait de vraie musique ensemble depuis 4 ou 5 mois. Puis, le deuxième concert à La Dame de Canton. 

Flavien : Avec les gens assis, avec le masque. C’était un peu bizarre au début. Mais finalement, les gens ont vécu le truc. Ils étaient pas sur leur téléphone, plus attentifs. 

Luce : On s’était conditionné pour vivre ce moment à fond. On savait pas où on allait parce qu’on savait que ça allait être un concert assis, avec des masques. On a jamais connu ça, nous en tant que spectateurs. À part dans les concerts de jazz !

Jordi : J’ai jamais vu de concerts de jazz moi hein ! (rires) On était frustrés de pas avoir pu jouer mais les gens étaient aussi frustrés de pas avoir vu de musique live ! C’était une bonne connexion et du coup, c’est notre premier vrai live à quatre.

Il y a un peu plus de guitares sur ce prochain album –  ce qui s’explique aussi par l’arrivée d’un guitariste supplémentaire – mais dans le son, globalement, on sent un peu moins les influences new wave / cold wave au profit de rock français et anglosaxon, non ?

Flavien : Oui complètement !

Jordi : À la base, on a fait le premier album sans trop se poser de question, très instinctivement. C’est vrai qu’il sonnait un peu new wave. On voulait pas être un groupe français bloqué dans les années 80, c’est pas notre état d’esprit. Sur celui-ci, le choix que Luce nous rejoigne c’était justement pour muscler tout ça et le rendre un peu moins synthétique, un peu plus vif et écorché, tranchant. Sur le premier album, notre identité n’était pas complètement affirmée. Sur le deuxième, Flavien s’est occupé de toute la production et on a essayé de le faire sonner comme on sonne en live. Tout a été fait maison sauf le mastering qui a été fait par Sam Berdah. 

Donc ce ne sont pas forcément des références qui évoluent, mais plutôt un son plus fidèle au projet ? 

Flavien : C’est ça et c’est surtout qu’on ne se bride pas. Comme tu as pu l’entendre, il y a des morceaux très rock, des morceaux plus techno. Même si tous les morceaux vont bien ensemble, on a été sur des univers plus variés.

Vous venez d’où musicalement chacun ? Vous avez un peu les mêmes références ? Vous avez déjà joué ensemble avant ce projet-là, non ?

Flavien : On avait un groupe tous les trois avec Justine qui s’appelait Bagarre Perdue. Ça fait dix ans qu’on traîne ensemble.

Jordi : On a tous des influences différentes : Elliot qui n’est pas là…

Flavien : Et bah le dis pas alors, il est très absent ! (rires) 

Jordi : Lui il est très 60s et 70s. Luce et moi, on a les mêmes goûts. 

Luce : Plutôt rock garage et base rock anglais. Une base très sombre aussi.

Jordi : Il y a du Joy Division, Depeche Mode, Interpol, Editors. C’est ce qu’on a toujours écouté et ce qu’on écoutera toujours. Et Flavien c’est plutôt la techno, il est toujours là pour taper du pied ! (rires)

Flavien : Ça pulse !

Être bassiste-chanteur.euse c’est plutôt difficile à tenir sur scène rythmiquement et mélodiquement. Jordi, tu joues de la basse pendant que tu chantes et tu tiens bien les deux : tu considères que c’est plutôt un atout pour toi ? 

Jordi : Au début, ça me permettait de me cacher un peu. Je me disais, si j’oublie les paroles ou si je chante faux, c’est pas grave, j’arrête de chanter et je joue de la basse. Après j’ai eu la phase où je ne savais pas si je devais arrêter l’un ou l’autre. Je me pose souvent cette question et finalement non, j’ai besoin des deux.

Il y a des textes très poétiques : on aurait pu effectivement se dire que tu aurais préféré poser la basse et incarner à 100% le texte avec ton micro et te libérer de l’instrument.

Jordi : J’aurais aimé faire ça mais je ne saurais pas quoi faire de mon corps ! (rires) Il y a des gens qui arrivent sur scène et ils tiennent leur micro de façons trop cool, moi… (rires)

Et tant mieux finalement, parce que sur ce genre d’esthétique, on ne voit pas tellement de bassiste qui chante !

Flavien : Et qui n’a pas une moustache en plus ! (rires)

Jordi, tu écris depuis longtemps ? 

Jordi : J’écris depuis 3 ans aussi environ avec Fab qui vient de Bordeaux comme moi. On a un peu les mêmes centres d’intérêt et la même vision du romantisme de l’époque d’avant et de notre époque. Mon premier texte, c’était Barbara. Je m’entraîne aussi avec mon autre groupe, Otchim.

En écoutant le premier album et celui-ci – les textes et la façon de chanter, la voix ou les traitements appliqués, on peut retrouver un peu de Noir Désir aux bonnes heures du groupe, notamment sur ‘Gangster’, le clip qui est sorti le 5 mars. Une référence déjà notée par la critique sur le premier album. C’est conscient chez vous ? 

Jordi : Ah c’est cool ça ! C’est une référence qui m’est propre à moi. C’est une référence qu’on peut avoir quand on aime le rock français et qu’on vient de Bordeaux surtout. J’ai grandi avec leur musique et particulièrement l’album 666.667 Club. Ça me quittera jamais. Il y a quelque chose d’écorché, de fragile et de fort en même temps à chaque fois, à la limite de la rupture dans les textes et la voix. C’est pas forcément ça qui me nourrit dans les textes. Je n’écoute pas beaucoup de musique, j’ai même pas d’application pour en écouter ! Tout comme ça fait dix ans que je joue de la guitare et je ne sais jouer aucun morceau connu non plus. Je m’inspire surtout de films et d’images. Mon inspiration est beaucoup plus visuelle qu’auditive. 

Et le clip de ‘Gangster’, qu’est-ce que ça raconte alors ? Il y a de la couleur déjà !

(Rires) 

Flavien : Les photos, c’est nos familles quand ils étaient petits. 

Jordi : À l’intérieur de l’album, c’est ma mère et mon oncle en photo. Cette chanson-là, ‘Gangster’, elle parle de mon oncle qui est décédé pendant le premier confinement d’un cancer. C’était pour lui rendre hommage. Je voulais appeler l’album « Gangster » aussi mais je voulais pas qu’on pense que c’était narcissique alors que je ne parlais pas de moi. On voit Justine aussi de Bagare Perdue. Sur ce clip, on est dans quelque chose de plus brut, qui nous ressemble.

Flavien : Puis avec ce jaune, on est pas des dépressifs !

Il y a quelque chose de plus pop (au sens de « pop-art ») ?

Flavien : Dommage je t’aimais bien… (rires)

Jordi : Dans la musique aussi finalement. Dans le premier album, on avait un peu oublié un truc : les refrains ! (rires) 

En réalité, vous venez presque tous du Sud de la France, alors pourquoi la presse vous identifie à un groupe de cold wave « Parisien » sur le premier album ? Les références aux « nuits parisiennes » dans les textes ? 

Flavien : Nous trois oui, on vient du Sud (ndlr : Jordi, Flavien et Luce). Je sais pas, c’est parce qu’on était à Paris à ce moment-là. Au final, ce premier album, sur le moment on était sur Paris, dans cette mouvance cold wave Parisienne. Sur ce second album, il n’y a plus de Paris, plus de périphérique, plus rien ! Du jaune et c’est tout ! (rires)

C’est une référence au Pastis en fait ! 

Flavien : Tu m’en sers une ! (rires)

Comme la référence à Indochine, c’est pas tellement ce que vous revendiquez non plus ? 

Jordi : Ça c’est pareil. Quand tu chantes en français, si t’as une mèche, c’est Indochine ! 

Flavien : Tu peux vite te faire catégoriser dans cette mouvance-là parce que c’est en français, c’est un peu la même musique. Une personne lambda qui écoute notre son comme ça va te dire que ça fait un peu Indochine. On l’écoute depuis qu’on est petit aussi. C’est pas forcément une vraie référence. On allume pas une bougie à l’effigie de Nicolas le matin ! (rires).

Jordi : Personnellement, mes trois inspirations c’est Indochine, Noir Désir et Joy Division. Ce sont les groupes que j’ai le plus écouté de ma vie. Et j’aime ce côté fragile dans leur voix, c’est pas tout le temps juste. C’est l’émotion que je recherche et qui m’intéresse, quand je vais voir un groupe en concert aussi. L’important, c’est justement de transmettre une émotion. À partir du moment où c’est authentique et sincère.

Il y a un côté un peu brut et punk authentique d’ailleurs. Sur le visuel, on peut y voir une référence au Sex Pistols – les lettres corbeaux, le jaune – est-ce que c’est assumé ?

Flavien : Oui c’est un peu voulu. Qu’on le veuille ou non, notre vie est un peu punk !

Luce : Dans l’attitude, oui.

Jordi : On ne rentre dans aucune case. On a 30 ans, on n’est pas marié, on a pas de gosse, on a pas acheté de maison…

C’est ça qui est punk en fait aujourd’hui !

Flavien : C’est ça ! On peut prendre un baluchon demain. On n’a pas d’attache !

Jordi : Tu es la troisième personne qui nous le dit. On ne nous l’avait pas dit avant. Je ne sais pas si c’est quelque chose qui se dégage maintenant. Je préfère à la limite qu’on soit classé comme punk, que cold wave.

Flavien : Le fait d’avoir produit l’album nous-même aussi, c’est plus brut. Ça me fait penser aux démos de Nirvana sur cassettes.  Je me suis beaucoup plus basé sur la voix de Jordi sur cet album finalement. Il y a des morceaux qui ont changé complètement avec sa façon de chanter qui évolue.

Luce : Dans notre groupe d’avant et là depuis que j’ai rejoint le projet, les riffs que je balance changent aussi la rythmique de sa voix. Il fallait envoyer un punch par rapport à sa voix. Ce côté punk dont tu parles, beaucoup plus incisif. 

Jordi : En fait, ça tient aussi à la façon dont on a composé cet album. Pendant ce confinement, j’allumais Logic, je choisissais une piste de batterie – la première qui me tombait sous la main, je choisissais mon BPM, je branchais ma basse, j’enregistrais une ligne de basse, puis j’enregistrais ma voix. J’envoyais ça à Flavien qui produisait mieux que moi. Et une fois que c’était fait, il l’envoyait aux gars qui posaient leurs guitares. Enfin, le morceau me revenait et c’est là que je posais ma voix définitive en général. Ma première ligne de voix, je la posais sans rien, juste ma basse. C’est pour ça que c’est moins plat que le premier album au niveau du chant. 

Flavien : Tout a été enregistré à la maison. C’est ça qui est beau sur cet album. Les 4 membres du groupe se reconnaissent dedans. On sent l’implication des 4 à chaque seconde.

Et pour la suite, des live prévus avec cette situation ?

Flavien : Hors de question qu’on fasse des livestreams !

Jordi : On est un groupe fait pour le live. On attend de voir la suite, si la situation s’améliore.

Sinon il n’y aura plus qu’à bosser sur un troisième album !

(Rires)

Sortie de l’album L’Été des Corbeaux : le 2 avril 2021

Harmony Suard

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